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Partage de textes , de citations inspirantes
Auteur : Lucienne  
113/121

Date :    06-03-2026 16:27:14


SI TU CROIS..

Si tu crois qu’un sourire est plus qu’une arme,

Si tu crois à la puissance d’une main offerte,

Si tu crois que ce qui rassemble les hommes est plus important que ce qui les divise, ...

Si tu crois qu’être différents est une richesse et non pas un danger,

Si tu sais regarder l’autre avec un brin d’amour,

Si tu sais préférer l’espérance au soupçon…

Si tu estimes que c’est à toi de faire le premier pas plutôt qu’à l’autre,

Si le regard d’un enfant parvient encore à désarmer ton cœur,

Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,

Si l’injustice qui frappe les autres te révolte autant que celle que tu subis,

Si pour toi l’étranger est un frère qui t’est proposé,

Si tu sais accepter qu’un autre te rende service,

Si tu partages ton pain et que tu saches y joindre un morceau de ton cœur,

Si tu crois qu’un pardon va plus loin qu’une vengeance…

Si tu sais chanter le bonheur des autres et danser leur allégresse,

Si tu peux écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder le sourire,

Si tu sais accepter la critique et en faire ton profit sans la renvoyer et te défendre,

Si tu sais accueillir et adopter un avis différent du tien…

Si tu refuses de battre ta coulpe sur la poitrine des autres,

Si pour toi l’autre est d’abord un frère,

Si la colère est pour toi une faiblesse, non une preuve de force,

Si tu préfères être lésé que de faire tort à quelqu’un,

Si tu refuses qu’après toi ce soit le déluge,

Si tu te ranges du côté du pauvre et de l’opprimé sans te prendre pour un héros,

Si tu crois que l’amour est la seule force de persuasion,

Si tu crois que la paix est possible; alors la paix viendra !

Poème proposé par Sonia Cheniti, écrivaine tunisienne, le 12 juillet 2010, et dont les paroles illustrent si bien les concepts de Graines de Paix, notamment l'importance d'aller vers l'autre pour toucher son cœur et permettre la paix.
Auteur : Lucienne  
114/121

Date :    11-03-2026 15:27:05


Pendant six ans, j’ai apporté de la soupe à mon voisin chaque dimanche, avant d’apprendre qu’il la détestait depuis toujours.

J’ai soixante et onze ans, et pendant six ans, tous les dimanches, j’ai préparé de la soupe pour mon voisin.

Il s’appelle Marcel. Il vit seul dans la petite maison juste à côté de la mienne depuis la mort de sa femme, en 2018. Après ça, je le croisais de moins en moins. Les volets s’ouvraient, se refermaient. La lumière du salon s’allumait le soir. C’était à peu près tout. On sentait surtout le silence.

Je ne savais pas vraiment comment aider un homme qui venait de perdre toute sa vie d’un seul coup. Alors j’ai fait ce que je savais faire. J’ai cuisiné.

Au début, c’était un simple bouillon de poule avec quelques légumes, rien de compliqué. Quelque chose de chaud, de doux, de facile à réchauffer. Le genre de plat qu’on apporte quand on ne trouve pas les mots.

Le dimanche suivant, j’en ai refait.

Puis encore le dimanche d’après.

Chaque semaine, je remplissais une boîte, je mettais mon manteau, je traversais l’allée et je sonnais chez lui.

Je disais toujours à peu près la même chose :

— Je me suis dit que ça vous ferait peut-être du bien, Marcel.

Lui ouvrait, prenait la boîte, me remerciait avec un petit signe de tête, puis refermait la porte.

Ça ne durait jamais plus d’une minute.

Mais ça a duré six ans.

Ma fille trouvait ça gentil. Une voisine disait que j’avais du mérite. Moi, je n’y voyais rien d’extraordinaire. Je me disais seulement qu’un homme seul, veuf, avait peut-être besoin qu’on pense un peu à lui.

Alors j’ai continué.

Six ans.

Trois cent douze dimanches.

Hier, sa fille Claire est venue sonner chez moi.

Je l’avais déjà vue plusieurs fois, toujours pressée, correcte, sans grands détours. Elle est restée dans l’entrée et elle m’a dit :

— Il faut que je vous parle de la soupe.

J’ai immédiatement pensé à un problème de santé. Trop gras, trop salé, trop lourd, je ne sais pas.

Je lui ai demandé :

— Il y a quelque chose qu’il ne supporte pas ?

Elle m’a regardée un instant avant de répondre :

— Mon père déteste la soupe.

J’ai cru que j’avais mal entendu.

— Comment ça, il déteste la soupe ?

— Depuis toujours. Il ne supporte pas la texture. Même enfant, il n’en voulait pas.

Je suis restée là, à la regarder.

— Mais il la prend chaque semaine.

Claire a baissé les yeux.

— Oui. Et il la jette dès que vous êtes repartie.

J’ai senti une chaleur de honte me monter au visage.

— Depuis quand ?

— Depuis le début.

Je me suis appuyée contre le meuble derrière moi.

Tout ce temps, j’avais cru nourrir un homme seul. En réalité, je lui apportais quelque chose qu’il s’empressait de faire disparaître dès que je quittais son pas de porte.

— Pourquoi il ne m’a jamais rien dit ?

Claire a répondu très simplement :

— Parce qu’il voyait bien que ça vous faisait plaisir. Il ne voulait pas vous blesser.

Puis elle a ajouté que son père allait venir vivre chez elle le mois suivant. Elle ne voulait pas que j’arrive un dimanche avec ma soupe et que je trouve la maison vide, sans explication.

Quand elle est partie, je suis restée longtemps debout dans ma cuisine. Les légumes du dimanche suivant étaient déjà sur le plan de travail. Je les avais achetés la veille, comme toujours.

Six ans.

Trois cent douze boîtes.

Tout ça pour rien.

Le soir même, je suis allée frapper chez Marcel.

Quand il a ouvert, il a tout de suite compris.

— Claire m’a parlé, ai-je dit.

Il a hoché la tête, sans chercher à se défendre.

— Pourquoi vous ne m’avez jamais dit que vous détestiez ma soupe ?

Il a ouvert la porte un peu plus, puis il m’a proposé de m’asseoir sur le petit banc devant chez lui. La rue était calme. Il faisait frais.

Il a mis un moment avant de parler.

— Après la mort de Lucette, je n’avais plus envie de grand-chose, m’a-t-il dit. La maison était vide. Les journées étaient longues. Je me levais le matin sans savoir ce que j’allais faire de moi.

Je n’ai rien dit.

Alors il a repris, d’une voix basse :

— Il y a eu un temps où je n’avais plus vraiment le courage de continuer comme ça.

J’ai senti mon cœur se serrer.

— Et puis vous êtes arrivée avec votre soupe.

Je l’ai regardé sans comprendre.

— Je l’ai prise, je l’ai jetée, et je me suis dit que vous ne reviendriez pas. Mais vous êtes revenue le dimanche suivant. Puis encore celui d’après. Et au bout d’un moment, il y a eu ce rendez-vous silencieux entre nous.

Il a frotté ses mains l’une contre l’autre.

— Je me suis dit que si je n’étais plus là, vous viendriez quand même frapper à ma porte. Vous attendriez. Vous vous poseriez des questions. Et je ne voulais pas vous laisser avec ça.

Je l’ai regardé, bouleversée.

— Vous êtes resté pour ça ?

Il a esquissé un petit sourire triste.

— Au début, oui. Pas pour la soupe. Pour le fait que quelqu’un m’attendait encore, une fois par semaine. C’était peu, mais c’était déjà assez pour tenir jusqu’au dimanche suivant. Puis les semaines ont passé. Et un jour, sans que je sache vraiment quand, j’ai recommencé à vivre autrement.

Je me suis mise à pleurer.

Il a attendu que je me calme un peu avant de dire :

— Votre soupe ne m’a jamais nourri, Jeanne. Mais le fait que vous veniez, si. Ce n’était pas ce qu’il y avait dans la boîte qui comptait. C’était le fait que quelqu’un aurait remarqué mon absence.

Je suis rentrée chez moi lentement, le cœur en vrac.

Pendant six ans, j’ai cru que j’apportais à mon voisin ce dont il avait besoin.

En réalité, je lui apportais bien autre chose : la preuve que, s’il n’était plus là, quelqu’un le verrait tout de suite.

Je pensais lui donner un repas.

Je lui donnais un repère.

Je pensais faire un petit geste.

Mais pour lui, c’était peut-être ce qui empêchait les jours de se refermer complètement.

Marcel partira vivre chez sa fille le mois prochain. Je ne préparerai plus de soupe le dimanche pour la déposer chez lui.

Mais je garderai ceci avec moi jusqu’à la fin :

La gentillesse, ce n’est pas toujours apporter exactement ce qu’il faut.

Parfois, c’est simplement être là.

Être là souvent. Être là fidèlement. Être là assez longtemps pour que quelqu’un ne puisse pas disparaître dans le silence sans que personne ne s’en aperçoive.

Et parfois, c’est déjà immense.

Découvrez plus de belles histoires avec Choses Qui Te Font Réfléchir.
Auteur : Lucienne  
115/121

Date :    27-03-2026 16:47:45


Se réveiller en santé chaque matin est la plus grande richesse
Que nous puissions avoir dans la vie
Auteur : Lucienne  
116/121

Date :    28-03-2026 09:06:52


Rappelle-toi ceci 🤍
Tu es une femme incroyable.
Tu n’as rien à prouver à ceux qui ne savent pas voir ta lumière.
À partir d’aujourd’hui, je choisis de protéger mon énergie,
d’honorer ma valeur
et d’avancer sans me justifier.
Ce qui est fait pour moi me trouvera,
sans que je force.
Si ces mots résonnent en toi,
ce n’est pas un hasard ✨
Garde-les près de toi aujourd’hui.
Auteur : Lucienne  
117/121

Date :    30-03-2026 10:02:34


« Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle. ...
Auteur : Lucienne  
118/121

Date :    06-04-2026 20:35:23


Le vieil homme a rendu la pomme, mais il a serré ses deux yaourts à la vanille comme si sa vie en dépendait. Ce soir-là, je l’ai suivi.

Je travaille à la caisse d’un magasin discount, en périphérie d’une ville moyenne, depuis six ans.

Pas par passion.

Juste parce qu’à un moment de ma vie, il a fallu payer le loyer, remplir le frigo et arrêter de faire semblant que tout allait s’arranger tout seul.

Le jeudi soir, juste avant la fermeture, il arrivait presque toujours à la même heure.

Monsieur Bernard.

Un homme très maigre, autour de quatre-vingts ans, les cheveux blancs soigneusement peignés, un manteau un peu trop grand, des mains qui tremblaient quand il comptait sa monnaie. Il n’avait rien de misérable. Au contraire. Il était propre, droit, discret. Le genre d’homme qui s’excuse presque d’exister.

Il achetait toujours à peu près la même chose.

Un petit pain.

Deux boîtes de soupe.

Un morceau de fromage bon marché.

Et deux yaourts à la vanille.

Toujours deux.

Les gens derrière lui s’impatientaient souvent. Ils soupiraient. Regardaient leur montre. Levaient les yeux au ciel quand une pièce lui échappait des doigts.

Lui ne protestait jamais.

Il baissait juste un peu plus la tête.

Un jeudi, il lui manquait quelques centimes. Pas grand-chose. Peut-être quarante ou cinquante centimes.

Il a regardé son panier longtemps. Puis sa monnaie. Puis il a pris la pomme et l’a posée à côté du tapis.

— Je vais laisser ça, a-t-il dit doucement.

J’ai hoché la tête. J’allais retirer un des deux yaourts aussi, en pensant qu’il s’était peut-être trompé.

Mais il a posé sa main dessus tout de suite.

— Non, ça, je le garde.

Ce n’était qu’un yaourt premier prix.

Mais dans sa voix, il y avait quelque chose qui m’a arrêtée net.

Je l’ai encaissé. Il m’a remerciée comme toujours, très poliment, puis il a plié son ticket de caisse avec un soin presque étrange avant de le ranger dans son portefeuille.

Ce soir-là, en rentrant chez moi, je n’arrêtais pas de penser à lui.

Peut-être parce que je vivais seule moi aussi depuis trois ans. Peut-être parce que je savais à quel point un appartement peut devenir silencieux, surtout le soir, quand personne ne demande si vous êtes rentrée.

La semaine suivante, il est revenu.

Même pain. Même soupe. Même fromage. Même deux yaourts.

En cherchant sa monnaie, une pièce est tombée par terre et a roulé sous mon poste. Je me suis baissée pour la récupérer et je la lui ai tendue.

Il a rougi.

— Excusez-moi, a-t-il murmuré. Je ne suis plus très rapide.

— Ce n’est rien, ai-je répondu.

Mais j’ai vu son visage. Ce n’était pas seulement de la gêne. C’était pire. C’était la honte de ralentir les autres. La honte d’être devenu celui qu’on attend en tapotant du pied.

Ce genre de honte, ça m’a serré le cœur.

Le jeudi d’après, j’ai fini un peu plus tard. Il pleuvait ce petit crachin froid qui vous entre dans les os sans faire de bruit.

Je l’ai vu sortir du magasin avec son sac à deux mains. Il marchait doucement vers les vieux immeubles derrière l’arrêt de bus.

Je ne sais pas pourquoi je l’ai suivi.

Par curiosité, peut-être.

Ou parce qu’au fond, je sentais bien que ces deux yaourts racontaient quelque chose.

Il n’est pas entré tout de suite chez lui.

Il s’est arrêté devant une porte au rez-de-chaussée. Il a posé son sac, en a sorti un des deux yaourts, l’a déposé bien droit sur le paillasson, puis il a frappé deux petits coups.

Ensuite, il a reculé.

Je suis restée un peu plus loin, sous un arbre sans feuilles, à regarder.

Au bout de quelques secondes, la porte s’est entrouverte. Une main très fine, très vieille, est sortie, a pris le yaourt, puis la porte s’est refermée.

Pas un mot.

Pas un merci.

Rien.

La semaine suivante, quand il est passé à ma caisse, je lui ai demandé tout bas :

— C’est votre femme ?

Il m’a regardée franchement pour la première fois.

— Non. Ma femme est morte il y a cinq ans.

J’ai regretté ma question aussitôt. Mais il a continué.

— La dame du rez-de-chaussée s’appelle Madame Lucette. Avant, elle faisait des tartes pour tout l’immeuble. Depuis la mort de son mari, elle n’ouvre presque plus à personne.

Il a posé ses pièces une par une sur le tapis.

— Au début, j’ai voulu lui apporter du pain. Elle a refusé. Des fleurs aussi. Refusé. Le yaourt, elle l’a accepté.

— Pourquoi ?

Il a haussé les épaules.

— Sans doute parce que c’est assez petit pour ne pas ressembler à de la pitié.

Cette phrase ne m’a pas quittée.

Le jeudi suivant, je l’ai attendu.

Il n’est pas venu.

J’ai regardé la porte automatique toute la soirée. J’étais nerveuse sans raison valable. Enfin, c’est ce que je me disais.

Cinq minutes avant la fermeture, une vieille dame s’est présentée à ma caisse. Manteau gris. Visage fermé. Gestes hésitants.

Elle a posé un petit pain, deux boîtes de soupe, un morceau de fromage et deux yaourts à la vanille.

J’ai compris tout de suite.

— Vous êtes Madame Lucette ? ai-je demandé doucement.

Elle a eu l’air surprise, puis elle a acquiescé.

— Monsieur Bernard est tombé dans son escalier, m’a-t-elle dit. Rien de trop grave, heureusement. Mais il doit se reposer quelques jours.

Elle a ouvert son porte-monnaie avec difficulté. Puis elle m’a regardée, presque honteuse.

— Vous pouvez prendre votre temps, s’il vous plaît ? Il n’aimait pas que je me sente gênée.

J’ai senti ma gorge se serrer.

Pendant que je passais ses articles, elle a posé la main sur un yaourt et elle a dit :

— Pendant un an, il ne m’a pas nourrie avec ça. Il m’a juste donné une raison d’ouvrir la porte.

Je n’ai rien trouvé à répondre.

Trois semaines plus tard, Monsieur Bernard est revenu.

Il marchait encore plus lentement qu’avant. Mais à côté de lui, il y avait Madame Lucette.

Pas bras dessus bras dessous. Pas comme dans les films. Juste côte à côte. Comme deux personnes qui ont été trop longtemps seules et qui réapprennent doucement à avancer au même rythme.

Ils ont posé leurs courses sur le tapis.

Un petit pain.

Deux boîtes de soupe.

Du fromage.

Et cette fois, trois yaourts à la vanille.

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire.

— Trois ?

Monsieur Bernard a jeté un coup d’œil à Madame Lucette, puis à moi.

Et pour la première fois, je l’ai vu sourire franchement.

— Oui, a-t-il dit. Il ne faut pas penser qu’à soi.

Plus tard, après mon service, je les ai rejoints sur un banc devant l’immeuble. On avait chacun une petite cuillère et un yaourt dans la main.

Ce n’était rien d’extraordinaire.

Pas un miracle.

Pas une grande scène.

Juste trois personnes assises dans le froid, en train de partager quelque chose de simple.

Et pourtant, ce soir-là, tout m’a paru un peu moins lourd.

J’ai compris qu’on ne sauve pas toujours les gens avec de grands gestes.

Parfois, on les aide juste à ne pas disparaître.

Avec deux petits coups contre une porte.

Et une raison, même minuscule, de l’ouvrir encore.

Découvrez.
Auteur : Lucienne  
119/121

Date :    16-04-2026 20:51:16


Mon cœur s’est arrêté. Je venais de réaliser que j’avais laissé mon sac… sur le toit de ma voiture. Dedans : tout ce que j’avais de plus précieux, y compris 200 euros que je venais de retirer pour payer le plombier le lendemain.
J'ai refait le trajet en sens inverse, paniquée. Rien. Disparu.
Je suis rentrée défaitée, en train de faire mentalement la liste de toutes les démarches : opposition bancaire, refaire ma carte d'identité, mon permis...
Le lendemain matin, vers 8h, on sonne à l'interphone.
Une voix de jeune garçon : "Bonjour madame, j'ai quelque chose qui vous appartient."
Je descends quatre à quatre. Sur le trottoir, un gamin du coin, je l'avais déjà croisé au parc avec ses copains. Il devait avoir 14 ans, pas plus.
Il me tend mon sac.
"Je l'ai ramassé hier soir en rentrant de l'école. Il était au milieu du trottoir. J'ai regardé les papiers pour savoir où vous habitiez."
J'ouvre le sac devant lui, incrédule. Tout est là. Absolument tout. Même l'argent, soigneusement rangé dans une pochette.
"Attends, je vais te donner quelque chose pour te remercier."
Je commence à sortir un billet.
Il lève la main comme pour m'arrêter.
"Non madame. Ma mère m'a toujours dit : quand tu trouves quelque chose qui ne t'appartient pas, tu le rends. C'est tout. On ne demande rien en échange."
Je reste plantée là, avec mon billet à la main, ne sachant plus quoi dire.
"Au moins, laisse-moi parler à tes parents. Pour les remercier de t'avoir si bien élevé."
Il hésite, visiblement mal à l'aise.
"D'accord... on habite au 17, troisième étage."
Le soir même, je suis montée chez eux avec une boîte de chocolats.
C'est sa mère qui a ouvert. Une femme épuisée mais au regard doux.
Quand je lui ai expliqué pourquoi j'étais là, ses yeux se sont remplis de larmes.
"Vous savez... on fait ce qu'on peut. On n'a pas grand-chose à lui offrir. Mais on essaie de lui apprendre ce qui compte vraiment."
Sa voix s'est brisée un peu.
"Ces derniers mois sont difficiles. Mon mari a perdu son emploi. On essaie de tenir, mais... merci d'avoir pris le temps de venir me le dire. Ça me donne l'impression qu'on fait les choses correctement."
Je suis redescendue chez moi, troublée.
Le lendemain, je suis retournée les voir. Cette fois avec une enveloppe.
"Je sais que vous allez refuser. Mais laissez-moi vous aider. Votre fils aurait pu garder cet argent. Personne ne l'aurait su. Il a choisi l'honnêteté. Et l'honnêteté, aujourd'hui, c'est rare."
Elle a essayé de refuser. Plusieurs fois.
"S'il vous plaît. Pas pour votre fils. Pour moi. Parce que ça me fait du bien de savoir que des gens comme vous existent encore."
Elle a fini par accepter, en pleurant.
Aujourd'hui, cinq ans plus tard, ce garçon vient tondre ma pelouse l'été. Il fait ses études d'ingénieur. Son père a retrouvé du travail.
On prend parfois le café ensemble, sa mère et moi.
Et chaque fois que je le vois, je repense à ce jour où un adolescent m'a rappelé quelque chose d'essentiel : l'éducation ne dépend pas de l'argent qu'on a. Elle dépend des valeurs qu'on transmet.
Ce jour-là, j'ai retrouvé bien plus qu'un sac à main. J'ai retrouvé foi en l'humanité.
Via Le combat
Auteur : Lucienne  
120/121

Date :    23-04-2026 10:34:03


« La formule sacrée du positivisme, l’amour pour principe, l’ordre pour base, et le progrès pour but. »
Auguste Comte, philosophe et sociologue français

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