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Partage de textes , de citations inspirantes
Auteur : Lucienne 
65/70

Date :    09-07-2026 15:40:23


J'ai 84 ans. Ancien instituteur. 41 ans de carrière.

Hier, dans un bus, un jeune homme de 20 ans m'a cédé sa place. Sans que je demande. Sans que je le regarde.

Il s'est levé. Il m'a souri. Il m'a dit Monsieur asseyez-vous. Je vais bien.

Je n'arrivais pas à parler. Je me suis assis. J'ai murmuré merci.

Pendant tout le trajet je l'ai regardé debout. Il avait sa capuche. Son téléphone à la main. Il jouait à un jeu.

Au moment de descendre, je me suis levé. Je suis allé vers lui. Je lui ai dit jeune homme, vous ne savez pas ce que vous m'avez offert. Vous m'avez rendu un peu de foi.

Il a rougi. Il m'a répondu Monsieur ma grand-mère m'a appris à céder ma place. C'est tout.

Sa grand-mère.

J'ai pensé à toutes ces grand-mères qui transmettent encore. Qui inculquent encore. Qui élèvent encore des gens bien.

Je suis descendu du bus. J'ai pleuré sur le trottoir. Comme un vieil idiot.

On nous dit toujours que les jeunes sont sans valeurs. Sans éducation. Sans respect.

Ce n'est pas vrai pour tous. Ce n'est même pas vrai pour la plupart.

Il y a juste qu'on remarque mieux les mauvais que les bons. On a la mémoire courte avec ce qui va bien.

Hier dans ce bus j'ai eu envie de pleurer de bonheur. Pour un siège.

C'est ça aussi vieillir. Apprendre à pleurer de toutes petites choses.
Auteur : Lucienne 
66/70

Date :    02-08-2026 08:02:24


Nous avons tous été victimes ou témoins de bruits, de on-dits, de rumeurs, de ragots dans notre vie personnelle, familiale, sociale ou professionnelle.
Cela peut paraître anodin de répéter ce que j’ai entendu, vu ou entendu dire. Or, certaines situations peuvent être absolument dévastatrices, non seulement pour celui qui en est victime mais également pour celui qui colporte.

Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute réputation de sagesse. Quelqu’un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit :
« Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ? »
« Un instant, répondit Socrate. Avant que tu ne me racontes tout cela, j’aimerais te faire passer un test rapide. Ce que tu as à me dire, l’as-tu fait passer par les trois passoires ? »
« Les trois passoires ? Que veux-tu dire ? »
« Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, reprit Socrate, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des trois passoires. La première passoire est celle de la VÉRITÉ. As-tu vérifié si ce que tu veux me raconter est VRAI ? »
« Non, pas vraiment, je n’ai pas vu la chose moi-même, je l’ai seulement entendu dire. »
« Très bien ! Tu ne sais donc pas si c’est la vérité. Voyons maintenant, essayons de filtrer autrement, en utilisant une deuxième passoire, celle de la BONTÉ. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de BIEN ? »
« Ah, non! Au contraire! »
« Donc, continue Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es pas sûr qu’elles soient vraies. Ce n’est pas très prometteur ! Mais tu peux encore passer le test, car il reste une passoire : celle de l’UTILITÉ. Est-il UTILE que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ? »
« Utile ? Non, pas vraiment, je ne crois pas que ce soit utile. »
« Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni VRAI, ni BIEN, ni UTILE, pourquoi vouloir me le dire ? »
Auteur : Lucienne 
67/70

Date :    14-08-2026 22:08:49


Ce matin, à la caisse du supermarché, j'ai sympathisé avec un monsieur de 82 ans. Une fois nos courses payées, on s'est mis sur le côté et on a discuté au moins 10 minutes. Je lui ai demandé : « Mais comment vous faisiez à l'époque pour nourrir 4 personnes avec un seul salaire sans jamais être à découvert... »

Il m'a répondu très franchement, sans idéaliser :
« C'est vrai que tout était moins cher, mais le salaire était proportionnel. La vraie différence, c'est qu'on allait à l'essentiel. Je travaillais, ma femme était à la maison, et on vivait à quatre sur ma paie. Mais on ne dépensait pas pour rien. »

À la fin du mois, la paie arrivait dans une enveloppe kraft. On posait les billets sur la table et on faisait les comptes au franc près. On ne jetait rien : un vêtement usé se ravaudait avec les fils de la fameuse boîte à couture en métal Quality Street.

À la maison, pas de superflu. La télé n'avait que trois chaînes et quand la mire apparaissait le soir avec son sifflement, la journée était finie.

Pour les enfants, pas de gadgets dernier cri : le bonheur du samedi, c'était d'aller acheter un Roudoudou ou un Malabar avec une pièce. On ramenait les bouteilles en verre à la crémerie pour la consigne, et la 4L du garage se réparait avec une clé de 12.

On n'était pas riches, mais on restait maîtres de notre argent.

En l'écoutant, j'ai pris une vraie claque.

Aujourd'hui, on cumule deux salaires mais on est pieds et poings liés avec des abonnements à rallonge : téléphone, streaming, logiciels, voitures en LOA... On consomme sans s'en rendre compte via des prélèvements automatiques et on court après le temps.

En rentrant chez moi, j'ai repensé à sa phrase sur l'essentiel... Et il a tellement raison.
Auteur : Lucienne 
68/70

Date :    20-08-2026 16:41:25


Aujourd'hui encore, j’ai entendu : « Tu travailles à nettoyer des fesses ». Ce n’est ni la première, ni la huitième fois que je l’entends, et franchement, j’en ai marre.
Alors aujourd’hui, je veux dire haut et fort à quel point je suis fière de mon métier.
Oui, messieurs dames, fière de nettoyer des fesses, mais aussi de couper des ongles, laver des têtes, habiller, doucher, nourrir et prendre soin de personnes qui ne peuvent plus le faire seules. Des personnes qui méritent du respect, de la dignité, et surtout… de l’humanité.
Mais résumer tout cela à "nettoyer des fesses", comme si c'était honteux, c’est insultant.
Je le dis : on ne vaut pas tous pour tout. Moi, par exemple, je ne pourrais pas faire un boulot où il faut mentir ou manipuler, comme dans certaines professions très "respectées"… Et pourtant, ces métiers-là sont mis sur un piédestal, alors que le nôtre est trop souvent regardé de haut.
La vérité ? Ceux qui nous rabaissent n’ont (pour l’instant) jamais eu besoin qu’on leur nettoie les fesses. Espérons pour eux que ce jour n’arrivera jamais. Mais s’il arrive, je peux vous assurer qu’il y aura toujours un(e) professionnel(le) comme moi ou mes collègues, prêt(e) à les accompagner, à les aider, avec bienveillance, compétence et amour.
Alors oui, notre travail est profondément humain. Il est essentiel. Il mérite le respect.
La prochaine fois que vous utilisez l'expression "nettoyer les fesses", faites-le sans mépris. Parce que peut-être qu’un jour, ce sera votre tour… et vous serez reconnaissant·e qu’on soit là.
Auteur : Lucienne 
69/70

Date :    11-09-2026 08:43:44


Anonyme : J’ai 56 ans et mon mari est décédé il y a deux mois d’un problème cardiaque. Depuis, tout le monde me regarde avec cette expression de pitié, comme si ma vie venait de s’écrouler. On m’apporte des plats, on m’appelle pour savoir comment je vais et on me répète que les soirées doivent être terriblement difficiles maintenant que je suis seule.

Mais il y a une chose que je n’arrive à dire à personne… Depuis qu’il est parti, je n’ai jamais aussi bien dormi. 😔

À ses obsèques, il y avait énormément de monde. Ses collègues parlaient d’un homme toujours prêt à aider, ses amis racontaient ses plaisanteries et les voisins me répétaient : « Vous étiez vraiment un beau couple. » J’étais assise au premier rang, derrière mes lunettes noires. Tout le monde pensait que j’étais simplement écrasée par le chagrin.

Dans ma tête, pourtant, une seule phrase tournait : « C’est fini… »

Et aujourd’hui encore, j’ai presque honte de l’écrire.

Parce que mon mari n’était pas le genre d’homme que les autres auraient décrit comme mauvais. Il ne buvait pas, travaillait, rentrait son salaire à la maison. Avec les autres, il était gentil, drôle, serviable. Pour ceux qui le connaissaient, j’avais épousé un homme formidable.

Mais eux ne vivaient pas avec lui une fois la porte de la maison refermée.

Il n’avait pas besoin de crier pour me faire sentir mal. Tout passait par de petites remarques, des soupirs, des silences. Si je mettais une tenue que j’aimais, il pouvait me dire : « Tu comptes vraiment sortir comme ça ? Bon… il faut oser. » Si le dîner n’était pas exactement comme il voulait : « Les pâtes sont un peu trop cuites, mais bon, je sais que tu as fait de ton mieux. »

Et quand je voulais sortir avec mes amies, c’était souvent : « Tu vas encore passer la soirée à raconter vos histoires ? Vas-y, amuse-toi… Moi, je resterai tout seul ici. »

Ce n’était jamais une grosse dispute. C’était juste une remarque par-ci, un regard par-là, puis parfois plusieurs jours de froideur.

À force, j’ai commencé à faire attention à tout. Je réfléchissais à mes vêtements, à ce que j’allais acheter, aux sorties que je proposais et même à certaines choses que je voulais simplement dire. Je cherchais constamment à éviter une remarque ou une mauvaise ambiance.

Pendant trente ans, j’ai vécu comme ça.

Je n’ai jamais eu le courage de partir. J’ai respecté mon mariage, je ne l’ai jamais trompé et j’ai continué à avancer sans raconter aux autres ce qui se passait réellement à la maison.

Aujourd’hui, il n’est plus là.

Et la maison est devenue silencieuse.

Tout le monde me dit : « Ça doit être tellement vide maintenant… » Mais ce silence, moi, je le trouve presque reposant. 🕊️

Je peux regarder ce que je veux à la télévision sans entendre un soupir. Je peux faire mes courses sans devoir expliquer chaque dépense. Je peux manger ce qui me fait plaisir. Je peux inviter une amie à la maison sans passer la soirée à me demander quelle réaction j’aurai en rentrant.

Et surtout, je n’ai plus cette sensation permanente d’être maladroite, insuffisante ou de faire quelque chose de travers.

Mes proches continuent pourtant à venir me voir avec leur air triste. « Ma pauvre… comment vas-tu faire sans lui ? Vous avez passé tellement d’années ensemble. »

Je les remercie quand ils m’apportent à manger. Je souris. Je joue presque automatiquement le rôle de la veuve qui doit être complètement perdue sans son mari.

Puis ils repartent.

Je ferme la porte.

Et parfois, je mets de la musique. Je cuisine ce dont j’ai envie. Je m’installe en travers du canapé. Et le soir, je dors au milieu du lit, les bras et les jambes étendus, sans avoir l’impression de prendre trop de place.

C’est là que la culpabilité revient.

Parce que cet homme était aussi le père de mes enfants. Parce que nous avons partagé trente années de notre vie. Et parce que je me demande parfois : quelle personne peut ressentir autant de soulagement seulement deux mois après la mort de son mari ?

Puis je me rappelle une chose importante.

Je ne suis pas heureuse qu’il soit mort.

Je suis simplement soulagée de retrouver une partie de moi que j’avais perdue depuis longtemps.

Pendant des années, j’ai été « la femme de… ». J’avais tellement pris l’habitude de faire attention à ne pas déranger que j’avais presque oublié ce que j’aimais vraiment.

Aujourd’hui, à 56 ans, je redécouvre mes goûts, mes envies, mes petites habitudes et surtout la liberté de prendre une décision sans attendre la remarque qui va suivre. ❤️

C’est probablement ce qui me bouleverse le plus.

Tout le monde pleure l’homme qu’il connaissait à l’extérieur.

Moi, je suis la seule à avoir connu l’homme qui était derrière la porte fermée.

Je ne raconterai probablement jamais tout cela à ma famille. Je sais qu’ils ne comprendraient pas. Alors devant eux, je reste simplement une veuve qui essaie de continuer sa vie après trente ans de mariage.

Mais lorsque je rentre chez moi et que je referme la porte, je découvre petit à petit une femme que j’avais complètement oubliée.

Et je ne sais toujours pas si j’ai le droit de ressentir ce soulagement.

Est-ce qu’une personne peut faire son deuil tout en ressentant du soulagement après la disparition de son conjoint ? Ou trouvez-vous cela forcément cruel ou déplacé ?
Auteur : Lucienne 
70/70

Date :    12-09-2026 08:19:45


Ces derniers temps, on n’arrête pas de nous répéter :
« C’est votre génération qui a détruit la planète ! »

Eh bien, si vous nous le permettez, nous aimerions répondre calmement, mais en toute franchise.

À notre époque, nous n’achetions pas de briques de jus à usage unique ni de bouteilles en plastique. Le lait arrivait dans de lourdes bouteilles en verre, qui étaient lavées, rapportées et réutilisées pendant des années.

Les couches des bébés étaient en tissu et on les lavait à la main. Le linge séchait dehors, sur une corde à linge, avec cette odeur d’air frais et de soleil. Nous avions une seule radio pour toute la maison, et nos réveils devaient être remontés à la main chaque soir.

Nous réparions ce qui était cassé, raccommodions ce qui était déchiré et gardions nos affaires aussi longtemps qu’elles pouvaient encore servir. Un cartable pouvait accompagner un enfant pendant des années, pas seulement le temps d’une année scolaire. Un crayon était taillé jusqu’à devenir un minuscule bout, presque trop petit pour être tenu entre les doigts.

Nous buvions l’eau directement au tuyau d’arrosage ou aux fontaines publiques. Nous marchions. Nous allions partout à vélo. Nous prenions le bus ou le train. Nous n’avions pas besoin d’un tapis de course électrique à mille euros pour faire semblant de marcher : la vie quotidienne était notre salle de sport.

Nous étions débrouillards. Nous fabriquions des choses, cultivions nos potagers et faisions avec ce que nous avions. Ce n’était pas pour mener une quelconque manifestation écologiste — ce mot n’existait même pas encore à l’époque. C’était simplement du bon sens, à l’ancienne.

Alors oui, peut-être que nous ne maîtrisons pas tout votre vocabulaire moderne. Peut-être que nous ne savons pas créer des publications virales, choisir les bons hashtags ou publier des stories… Mais nous savions parfaitement vivre de manière simple, durable et naturellement respectueuse de la Terre.

Alors, s’il vous plaît, respectez la mémoire d’une génération qui vivait de façon écologique sans même connaître le mot.

Nous n’avons peut-être pas sauvé la planète, mais bon sang, ce n’est certainement pas nous qui l’avons détruite.

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